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Le 11 avril dernier, un petit festival a eu lieu dans la région
d'Orléans (à Cléry-Saint-André plus exactement) : le Crick
Fest, cinquième édition ! Après avoir accueilli des groupes
exclusivement français lors de ses quatre premières éditions (Heart Line, Stratagème, Sortilège...), une ouverture à l'international est
à noter cette année puisque la tête d'affiche est italienne. DGM, mesdames et messieurs, rien que ça !
Après une arrivée lors des balances d’Amon Sethis, les humbles chroniqueurs que nous sommes
réalisons une session d’interviews avec Chris Dannacker (président
de l’association Crick For Zik et organisateur du festival), les groupes
Amon Sethis et DGM, avant de se mettre véritablement en place
pour la soirée de concerts du Crick Fest V. Petit tour au merchandising, chaque
groupe ayant également son petit stand, en complément de la buvette, restauration et stand
de vente d’articles divers. Une exposition photos proposée par Metal-Eyes, partenaire du
festival, complètera les stands.
A 19h05, Chris lance le festival par une présentation qui introduit
notamment le premier groupe issu de la scène locale, Epitude, remerciant
également chaque collaborateur.

Epitude
Le groupe de jeunes musiciens arrivent alors sur scène, sobrement
vêtus de chemises et pantalons noirs. Le bassiste joue aux doigts sur une basse 4 cordes tandis
que le chanteur évolue avec sa Gibson. On découvre le décor scénique qui
ornera toute la soirée avec des bandes de lights parallèles à chaque
extrémité de la scène, deux rangées de lumières en fond en plus des
deux projecteurs éclairant le devant de la scène. On a beau être dans une salle des
fêtes communale, l’orga ne lésine pas sur les moyens pour mettre en lumière
les artistes.
 
Au cours du set, le chanteur interpelle le public avec
l’interjection « Y’a moyen que certains d’entre vous la connaissent »
avant d’enchaîner avec un titre dont la rythmique instrumentale m’aura fait penser
à du Led Zeppelin.
Jets de fumée viennent parfaire les riffs des guitaristes, tandis
que le chanteur évolue dans son set avec une voix assez claire. Au fil des minutes, on
perçoit que les musiciens investissent de plus en plus la scène, le trac d’engager
la soirée s’estompant peu à peu, le plaisir de jouer semble prendre
l’ascendant. Le groupe dévoile une belle énergie sur scène, avec des morceaux
parfois progressifs et des mélodies assez aériennes. Le public arrivant petit à
petit se fait timide, n’osant visiblement pas investir les trois premiers mètres de la
fosse. L’affluence moyenne pouvant en partie s’expliquer par le début des vacances
scolaires.
 
Le quatuor joue Talos issu de leur premier album North
Bridge, sorti le jour précédent, le 10 avril 2026. On y retrouve des bons riffs
assez lourds et quelques envolées vocales, le batteur et le bassiste ajoutant des chœurs.
On assistera aussi à des jeux de regards entre le chanteur et le guitariste, témoins
d’une certaine complicité. Une intro à la guitare fera hurler la gente
féminine de l’assemblée, avant que le chanteur remercie Chris
Dannacker de les faire jouer tout en invitant le public à découvrir leur merch.
La jeune formation termine son set avec le titre My Fault, la ballade du groupe dont le devenir
semble assez prometteur.

Clap de fin à 19h52, petite pause avant d’enchainer avec le
groupe de vétérans bien connu du public de Cléry Saint André.
Prism A
C’est au tour de Prism A d’arriver sur
scène. Chris remonte une nouvelle fois sur les planches car en plus
d’être le chef d’orchestre de toute cette entreprise musicale, il est aussi le
guitariste de Prism A. Double pression ? Non, chaque musicien semble assez
détendu et démarre le set accompagné du drapeau à l’effigie du groupe
qui orne le fond de la scène.
Créé en 2018 à l’initiative de
Chris (guitare, chœurs) et Fred (basse), tous les deux ex-membres du tribute band
The Iron Troopers (on vous laisse deviner de quel groupe ils font des reprises), le duo
originel de Prism A est complété par Ben à la
batterie et aux chœurs, Yo aux claviers ainsi que Phil au
chant.
 
Enchainant deux premiers titres aux influences hard FM américain,
Phil présente les membres du groupe au public déjà plus dense
avant d’annoncer que le prochain titre est inédit sur scène. Les artistes sont chez
eux et ça se voit ! Phil joue constamment avec le public, monte sur le
matériel investissant tout l’espace. Chris, bandana têtes de mort
sur la tête nous sert des riffs très 80’s comme il et on les aime.
Le quatrième morceau interprété rendra hommage aux
vétérans, notamment à Léon Gauthier, le dernier vétéran
disparu en 2023 avant les 80 ans du débarquement. Le titre, chargé
émotionnellement, se lance avec les propos de cet homme. Le chanteur invite
l’assemblée à balancer les bras.
Le prochain titre débutera telle une marche militaire, toutefois
très prog dans l’instrumentation. Phil toujours dans l’interaction
avec le public, demandera de taper dans les mains avant de chanter en chœur le refrain. Le groupe
prend du plaisir, les échanges de regards entre ses membres en témoignent.
 
Le prochain morceau sera plus groovy avec la présence importante du
clavier mené par Yo casquette vissée sur la tête. Ça sonne
très années 70, avec les chœurs également de Yo,
Chris et Ben. Le groupe enchaine avec un titre très
rythmé par la basse et des claviers me faisant penser à du Ghost.
Nouvelle surprise lorsque Phil annonce qu’ils vont
jouer pour la première fois Breaking The Mirror, annonçant une «
soirée techno ce soir » ! Une balade assez entrainante du nom de No More Tears
poursuit le set de la soirée. Chris en profite pour dédier ce titre
à deux de ses trois enfants venus de Bayonne. Les bénévoles sont encouragés
et salués tandis que Phil remercie Chris, le président
de l’association, pour cet évènement de communion avant d’enchainer avec un
morceau assez progressif.

Le set se termine par le titre phare Tell Me Why où le
groupe lâche les derniers chevaux avant un rappel réclamé par le public et qui
prendra forme avec leur compo Rock Now ! Un bon mélange de hard/heavy estampillé
80s avec de la NWOBHM dedans mais également des influences plus hard rock, parfois FM.
Setlist Prism A :
Crazy Night Masters Of Game The Power Of
Wings D-Day Memories Give Me Your Body Stay
Strong Breaking The Mirror No More Tears Freedom Or
War Guilty Of Love Tell Me
Why ------------------------- Rock Now
Amon Sethis
Proposant une musique typée power metal progressif, le groupe
Amon Sethis compose autour des sixième et septième dynasties de
l’Egypte Ancienne. Le groupe tourne depuis 19 ans maintenant. Aujourd’hui pour nous servir,
on retrouve Julien Tournoud au chant, Laëtitia Bertrand à
la basse, Andréa Ricci à la guitare ainsi que Sébastien
Perrad à la batterie. Le quatuor arrive sur scène à 21h45 chacun
vêtu d’un haut noir au motif mettant en lumière les divinités
égyptiennes Râ, Horus, Sekhmet et Anubis (Thot manquant à l’appel,
Benjamin Naire assurant habituellement les claviers n’ayant pas pu se
libérer pour la soirée).
 
L’arrivée des membres, comme à leur habitude, se joint
à des effets pyrotechniques venant magnifier leur présence scénique. Lorsque le
morceau The Rise Of The Tyrant retentit, Julien enlève son masque de
caoutchouc laissant place à ses expressions faciales éloquentes. Le groupe poursuit le
dévoilement de son énergie communicative avec Blood Red Temple, invitant le
public à les suivre notamment dans les refrains entrainants. Les envolées vocales claires
de Julien et les riffs d’Andréa sont toujours
impressionnants vus du pit, performances bien mises en avant sur des titres comme Lord Of The Dark
Waters. Seb à la batterie et Laëtitia à la
basse ne sont pas en reste, l’énergie est puissante, le son est propre, la joie est
communicative.
 
A chaque passage sur scène, c’est toujours un effet "wouah"
qu’on retrouve avec Amon Sethis, tant chaque musicien performe et participe
à une cohésion globale. Le quatuor continue avec The Red Crown, dont les
mélodies sont plus atmosphériques, plus ambiantes. Julien sollicite le
public à lever les doigts de metal avant d’enchainer avec At The Threshold Of Doom
où il brandit un ouvrage antique. Jeux de scènes avec les deux masques notamment sur
Kubatalawa et les jeux de flammes et de fumées sont toujours de la partie, ce qui vient
parfaire la présence scénique d’Amon Sethis.
Sur My Sister, My Love, My Pharaoh Julien invite
le public à taper dans ses mains, il joue véritablement avec la fosse avant de lancer un
« Je crois que vous êtes tous prêts à rejoindre l’armée du Pharaon
?! ». Le groupe clôt son set avec Osiris God Of The Dead avant un rappel bien
mérité comprenant Pyramidion qui nous permettra d’apprécier encore
quelques instants les gros riffs d’Andréa.

 
Setlist Amon Sethis :
Intro - Dawn Of An Apocalyptic
World Lamentations The Rise Of The Tyrant The Blood Red
Temple Lord Of The Dark Waters Lost In The West The Red
Crown At The Threshold Of Doom Kubatalawa My Sister, My Love, My
Pharaoh Pharaoh's Army Mask Of Wrath Osiris God Of The Dead Pyramidion
DGM
Comme nous l’expliquait Chris lors de
l’interview qu’il nous a octroyée concernant l’organisation du festival (disponible ici), c’est grâce à Julien Tournoud
(Amon Sethis) et sa boîte de production, que les Italiens de DGM
ont pu se produire au Crick Fest cette année. Et on l'en remercie ! Comme le dira très
bien Chris en montant sur scène à la fin du set pour un petit discours de
clôture : on s'est pris une grosse claque !
 
Quand les Italiens montent sur scène, ce sont les premières
notes de clavier de la première partie de la compo The Secret (extraite de l'excellent
album The Passage) qui retentissent dans la salle. Avec ce premier morceau de
huit minutes, le groupe va immédiatement mettre tout le monde d'accord. C'est entraînant,
mélodique, technique... le solo de guitare de Simone Mularoni (ou son duo avec
le claviériste Emanuele Casali) a de quoi donner des cauchemars aux musiciens
débutants, le son est puissant... Mark Basile est en voix, rien à redire,
belle démonstration de force et maîtrise qui donne le sourire d'entrée de jeu. Les
amateurs de power prog n'ont pas fini de se régaler car c'est To The Core qui
déboule juste derrière... avec sa rythmique endiablée et son refrain
fédérateur. Le groupe est hyper en place malgré la défection
momentanée du batteur Fabio Costantino, retenu en Italie pour des raisons
familiales, remplacé ce soir par l'excellent Michele Sanna.

Alors qu'on pourrait s'attendre à ce que DGM mette
en avant son dernier album en date, Endless, dès le début du set, il n'en sera rien. Car
arrivent ensuite, un Surrender enlevé, entraînant, avec quelques influences plus
hard rock, impeccable pour la scène et la ballade Repay (extraite de l'album Momentum) sur laquelle Mark nous montrera à quel
point il est un chanteur versatile et talentueux. Par contre, oui, une fois ces quatre
premières compos passées, le quintet déroule un enchaînement de trois compos
provenant de leur dernier opus aux teintes bien plus rock progressif que power. Ainsi, on aura le droit
à la triplette The Great Unknown (qui ravira les fans de vieux prog des 70s,
Kansas en tête... mais aussi de groupes plus récents officiant dans ce
style comme Spock's Beard) / Solitude (superbe ballade dont le refrain
rappelle un peu le groupe Symphony X... et sur laquelle le claviériste jouera de
la flûte traversière) / Final Call (qui remet un petit boost d'énergie
bienvenu). Cette partie centrale montre l'orientation plus mélodique, moins rentre-dedans du
groupe et passe à merveille l'épreuve du live.
 
L'ambiance est chaleureuse sur scène comme dans la salle même
si l'heure tardive a eu raison de quelques festivaliers qui ont déserté les lieux (il est
vrai que DGM devait initialement monter sur scène à 22h45 mais qu'un peu
de retard accumulé dans la soirée a fait que cela n'a pu se faire avant 23h30). Tant pis
pour les absents, ils ne savent pas ce qu'ils perdent. Petite parenthèse sur ce retard. Oui,
ça a un peu débordé, soit... mais au moins chaque groupe a disposé d'un
temps de jeu conséquent et n'a pas eu à écourter son set, ce qui est très
cool. Parenthèse refermée. Revenons-en à DGM qui se démène avec le
sourire... Mark Basile n'hésite pas à solliciter le public et un échange sympa aura
d'ailleurs lieu au moment où il annonce que dans quelques minutes, ce sera l'anniversaire de
Simone, le guitariste. Car c'est aussi l'anniversaire d'une femme dans le public qui ne
manque pas de le faire savoir. Ainsi au moment de fêter chanter Happy Birthday pour
Mularoni, les membres du groupe souhaitent également un joyeux anniversaire
à leur spectatrice.
 
Le show reprend avec du prog racé (Unravel The Sorrow) et
un peu de muscle aussi grâce à Ghosts Of Insanity sur laquelle
DGM invite Julien d'Amon Sethis à chanter en
duo avec Mark. Excellent ! C'est l'heure de conclure et, pour se faire, c'est la speed
Reason qui clôt le bal avec force et précision ! Après une bonne heure (qui
est passée vite mais il est très tard alors on ne va pas râler), les Italiens
quittent la scène sous les applaudissements tonitruants d'une assistance qui en a pris plein les
oreilles. Mais ils reviendront quelques minutes plus tard dans la salle (comme les autres groupes
d'ailleurs) pour prendre des photos et signer des albums au stand merch. Ça n'est pas tous les
jours que DGM passe en France, l'occasion était belle, il ne fallait pas la louper... Merci au
Crick Fest (et à Julien d'Amon Sethis encore une fois) de les
avoir fait venir ! Vivement la prochaine !

Setlist DGM :
The Secret (Part 1) To The
Core Surrender Repay The Great
Unknown Solitude Final Call Unravel The
Sorrow Ghosts Of Insanity Reason
Quelle belle soirée ! Nous avons pu assister à un festival
chaleureux, familial et à taille humaine. Les conditions furent plus que bonnes, on s'est senti
privilégié. Un grand merci à Chris Dannacker pour la
qualité de son accueil et sa disponibilité. On n'oublie pas les nombreux
bénévoles qui ont contribué à la réussite de l'ensemble ni
MP qui s'est également bien occupé de nous et nous a permis de
réaliser nos interviews. Comme une sixième édition est envisagée, on vous
recommande chaudement de regarder votre calendrier en 2027. Le Crick Fest fait partie
de ces évènements organisés par des passionnés qui donnent plus que jamais
envie de soutenir la musique live de qualité... et puisqu'on parle de ça, on me souffle
dans l'oreillette que l'association Crick For Zik nous prépare une
très belle journée le 19 septembre prochain, toujours dans la région (à Dry,
plus exactement). La première édition du Zik N' Dry Fest aura lieu, cette
fois-ci, en plein air et comptera Prism A, quelques tribute bands (qui rendront hommage
à des petits artistes "méconnus" comme Toto, Extreme,
Van Halen...), le groupe bulgare Sevi, Heartline et
deux formations qui représenteront la Suède : H.E.A.T et Crucified Barbara ! Autant vous dire qu'on ne va
pas laisser passer l'occasion. Et vous ?
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